

Elise HUGUENOT
Consultante en accompagnement managérial
Le 17 mars, LOSFOR réunissait acteurs de l’ESS et de l’habitat autour d’un webinaire sur le thème « Les enjeux sociaux et environnementaux : moteur de transformation et d’impact ».
Le constat est simple : les enjeux sociaux et environnementaux ne sont plus “un plus”, ils sont devenus le cœur des stratégies d’impact. Et ce ne sont pas des discours. Ce sont des pratiques. Des méthodes. Des transformations concrètes.
Passer de l’intention à l’impact
L’impact, quand il est placé au cœur des projets, agit directement sur : la qualité de vie des publics, la réduction des inégalités, l’inclusion professionnelle et la participation citoyenne.
Mais surtout, il transforme la manière de faire : on ne fait plus pour ; on construit avec.
Les bénéficiaires deviennent acteurs. Les projets deviennent évolutifs.
Et une question s’impose : comment mesurer l’impact des projets sur les bénéficiaires, comment adapter au mieux les projets aux besoins des territoires ?
Une méthode claire pour structurer l’impact
Un des messages forts du webinaire organisé le 17 mars était le suivant : l’impact ne se décrète pas, il se construit.
Selon une trajectoire en 6 étapes :
- Reformuler la commande en intégrant l’impact
- Identifier les parties prenantes
- Construire un diagnostic partagé
- Définir des objectifs mesurables
- Expérimenter
- Capitaliser et changer d’échelle
Une logique simple, mais exigeante : tester, mesurer, ajuster en continu.
Les témoignages
Parce que l’impact se comprend mieux par le réel que par les concepts, trois témoignages sont venus illustrer le thème du webinaire.
Vieillissement et logement : quand un diagnostic devient projet de territoire
À partir d’un diagnostic “75+” effectué par ses équipes en allant interviewer sur le terrain ses locataires, Famille et Provence, bailleur social, a révélé un enjeu majeur : l’isolement des seniors et leur souhait de rester à domicile.
C’est grâce à cette enquête que des situations individuelles compilées deviennent révélatrices d’un enjeu collectif. Le vieillissement dans le logement social devient un défi territorial.
Samira Ferfache, de l’association Vivacités qui a mené le projet « Bien veillir chez soi » pour Famille et Provence, explique en quoi ce travail a permis de faciliter la création de dynamiques d’entraide entre voisins, la mise en place d’actions collectives de prévention, et a participé à une meilleure orientation des seniors vers les dispositifs existants sur le territoire.
Samira Ferfache partage 2 constats majeurs : le bailleur a changé de posture en devenant acteur du lien social et une dynamique partenariale s’est créée sur le territoire au bénéfice des seniors.
Gaming House Insertion : attirer, raccrocher, insérer
Et si le jeu vidéo devenait un levier d’insertion ?
En utilisant le triptyque « numérique, jeu vidéo et sport », Mathias Davy, Directeur de la Mission Local du Pays d’Aix, montre en quoi la Gaming House Insertion a permis à de jeunes “invisibles” de pousser la porte, a révélé leurs compétences (soft skills, stratégie, coopération), et a développé des passerelles vers l’emploi.
A la clé : de l’insertion mesurable (60% de retours à la formation, service civique, emploi), un changement de regard sur l’association par les habitants, les associations locales et les entreprises et le développement sans précédent des relations avec les entreprises recruteuses, directement sur site.
Un projet qui transforme autant les trajectoires de vie des jeunes que les relations partenariales sur le territoire.
Table de Cana : faire de l’impact une culture d’entreprise
Ici, Floriane Rieu, Directrice de la Table de Cana, explique que l’impact n’est pas un projet ; c’est une boussole.
Insertion, management, écologie : tout est aligné.
Concrètement, l’entreprise d’insertion repose sur 3 piliers pour faciliter l’accès à l’emploi des salariés en parcours d’insertion :
- encadrement professionnel en situation de travail (apprentissages des gestes)
- accompagnement social
- développement de la confiance en soi,
Ce triptyque est efficace puisque 80% des salariés en parcours d’insertion accèdent à une formation ou un emploi après un contrat à la Table de Cana.
Ce qui crée de l’impact et de l’adhésion en interne ? Une politique environnementale et sociale ambitieuse portée par les équipes qui donne lieu à un sentiment defierté collective durable.
Ce qui fait vraiment la différence
Au-delà des projets, des conditions de réussite constantes émergent :
- Partir du réel (besoins des habitants, des publics)
- Co-construire avec les parties prenantes
- Mobiliser les équipes en interne
- Mesurer pour légitimer et améliorer
- Expérimenter sans attendre la perfection
Et surtout : faire de l’impact une démarche structurée et partagée.
Et maintenant ?
L’innovation sociale et environnementale n’est pas une option : c’est un levier puissant de transformation.
Pour les organisations.
Pour les territoires.
Pour les personnes.
Et chez LOSFOR, c’est aussi une conviction : l’impact ne se décrète pas ; il se construit, collectivement.